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Silence assourdissant de la communauté internationale face aux exactions commises à l’encontre des Africains en Algérie

A la veille de la Journée Internationale des Droits de l’Homme, l’Algérie pratique des expulsions collectives de migrants et de réfugiés interdites par les dispositions internationales.

Depuis le 1er décembre 2016 plus de 1500 migrants ouest-africains ont fait l’objet d’arrestations musclées en Algérie selon la Ligue algérienne des droits de l’Homme.  Ces informations sont notamment relayées par RFI, Jeune Afrique et confirmées par les témoignages en direct des Observateurs de France24. Pourtant, pas un mot des organisations internationales des droits humains ? Pourquoi un tel silence assourdissant ? Aucune explication n’est donnée par les autorités algériennes.

Placés dans des camps de rétention dans le quartier de Zéralda, dans l’ouest d’Alger ou emmenés à Tamanrasset dans le désert au sud du pays, ces migrants sont expulsés par vagues. Pourtant « L’expulsion collective d’étrangers est interdite » selon l’article 12 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme à laquelle l’Algérie est partie. « L’expulsion collective est celle qui vise globalement des groupes nationaux, raciaux, ethniques ou religieux ».

Nombreux sont les témoignages sur les réseaux sociaux et les vidéos de victimes d’un tel traitement alors que certaines personnes sont titulaires de cartes de réfugiés les autorisant à séjourner en Algérie. Une pratique contraire à la Convention Internationale des Nations Unies pour la protection des Réfugiés. Comment se fait-il que le HCR ne réagisse pas à une telle situation inhumaine?

Alors que la présidente du Croissant-Rouge en Algérie, Saida Benhabylès, qui n’a pas pipé mot sur les expulsions collectives, elle couvre honteusement ces pratiques inhumaines en déclarant dans les colonnes du journal officiel El Moudjahid que « vu la promiscuité qu’il y a dans la capitale « , et que cette promiscuité « pose des problèmes d’ordre sécuritaire « , les pouvoirs publics ont décidé de « transférer les migrants dans le Sud où les conditions d’accueil sont meilleures « . A qui peut-on faire croire de telles balivernes ?

Quant au président de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme en Algérie, par ailleurs avocat Farouk Ksentini, justifiait ces expulsions, estimant que les Algériens étaient « exposés au risque de la propagation du Sida ainsi que d’autres maladies sexuellement transmissibles à cause de la présence de ces migrants ».  Des propos, on ne peut plus discriminatoires et racistes.

Quant au modus operandi des expulsions, celui-ci est identique à celui vécu par les Marocains expulsés arbitrairement d’Algérie en 1975 alors qu’ils étaient légalement installés dans le pays depuis des générations. En effet selon les témoignages, femmes enceintes et enfants ne sont pas épargnés. Les observateurs de France 24 rapportent notamment le témoignage d’une victime indiquant : « Des gendarmes sont venus me chercher chez moi, jeudi soir. Ils m’ont dit qu’il y avait des tensions entre Algériens et migrants noirs en ce moment à Alger et que, pour ma sécurité, il fallait que je déménage. J’ai mis dans le camion de la gendarmerie toutes mes affaires : frigo, fauteuil, canapé. Tout ce que j’avais pu m’acheter, après plusieurs années à travailler en Algérie sur les chantiers. »

Une telle situation désastreuse ne peut passer sous silence !

Nous en appelons à l’Algérie pour que cesse immédiatement ces pratiques de violation des droits humains et qu’elle respecte ses engagements internationaux.

Nous en appelons à la vigilance de la communauté internationale, aux organisations internationales, africaines dont l’Union Africaine et les Institutions européennes à se saisir urgemment de cette problématique cruciale pour l’humanité afin de faire cesser et condamner ces violations des droits humains.

Communiqué – 09/12/2016

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