Home / Actualité / Vers une reconfiguration stratégique de l’Union Africaine ou de l’Afrique ?

Vers une reconfiguration stratégique de l’Union Africaine ou de l’Afrique ?

L’accord historique intervenu en Colombie avec les armées de la libération de Colombie (FARC) ne pourrait-il pas servir de modèle pour l’Afrique minée elle aussi par tant de conflits hérités du colonialisme ?

L’Union africaine ne devrait-elle pas revoir sa copie à la lumière de l’histoire et œuvrer pour l’unité d’une Afrique pacifiée à la faveur du citoyen africain ? La scène africaine mérite mieux que le parasitage systématique des conflits hérités de la colonisation.

Si l’Union Africaine ne parvient pas à consolider son unité, elle demeurera une coquille vide, une institution au bord de l’implosion. Elle aura son objectif de « réaliser une plus grande unité et solidarité entre les pays africains et entre les peuples » et « promouvoir et défendre les positions africaines communes sur les questions d’intérêt pour le continent et ses peuples »

Les 30 et 31 janvier 2017, auront lieu les élections pour la présidence de l’Union africaine. Le vainqueur sera désigné à huis clos, entre les chefs d’Etat du continent. Le Kenya, le Tchad, le Sénégal, le Botswana et la Guinée Equatoriale sont aujourd’hui candidats. Si les grands enjeux du continent qui sont notamment de mettre fin à la dépendance financière de l’UA vis-à-vis des donateurs, l’application des décisions prises lors des sommets ou encore favoriser la libre circulation sur le continent, il n’en demeure pas moins des visions diamétralement opposées entre ceux qui aspirent à un conservatisme idéologique hérité de la guerre froide et ceux enclins à davantage de realpolitik.

Or, l’Union Africaine est orpheline d’un Etat atlantiste mais aussi panafricain qui joue un rôle moteur pour le continent africain. En effet, le Maroc qui a quitté l’OUA en 1984, n’a pas souhaité non plus être un pays fondateur de l’UA. Chacun sait que l’admission de la RASD a été un facteur de division au sein de l’UA dès lors que l’entité a été admise au titre d’Etat membre. Les enjeux idéologiques et  largement instrumentalisés par l’Algérie ont primé sur toute autre considération.

Une décision contraire à l’Acte fondateur de l’Union Africaine dont l’un des objectifs (article 3) vise à « défendre la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance de ses Etats membres ». Or, la RASD ne dispose pas des éléments constitutifs d’un Etat. L’entité n’est pas reconnue par les Nations Unies comme ayant les attributs d’un Etat. Elle ne peut prétendre à aucune souveraineté, aucun territoire et aucune indépendance.

Le temps n’est-il pas venu de dépasser les erreurs historiques, de s’émanciper d’idéologies passéistes héritées de la guerre froide pour panser les séquelles de la décolonisation et œuvrer en faveur du citoyen africain.

Le récent échec du 4ème sommet arabo-africain qui se tenait en Guinée Equatoriale, à Malabo est une illustration de cette aberration historique. L’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes unis, Bahrein, Qatar, le Sultanat d’Oman, la Jordanie, le Yémen, la Somalie et le Maroc, se sont retirés du Sommet en raison de la présence de l’emblème de l’entité fantoche dans les salles de réunions. « La coopération entre la ligue des Etats arabes et l’Union africaine (UA) se limite aux Etats membres de l’ONU, conformément au principe de la souveraineté territoriale des Etats et à la foi des cinq pays du Golfe précités en la communauté du destin inscrite dans la déclaration du 20 avril 2016 du 1er Sommet Maroc-pays du Golfe à Ryad » selon un communiqué du Ministère des affaires étrangères marocain.

L’Afrique va-t-elle continuer à se livrer à des querelles intestines, stériles et sans fondement ou plutôt prendre son destin en mains pour répondre aux défis communs notamment en matière de croissance démographique, de sécurité alimentaire, de lutte contre le terrorisme et l’intégrisme religieux, de la crise climatique, de sécurité et transition énergétiques vers des énergies renouvelables ?

Autant d’axes qui trouvent leur prolongement dans le cadre de l’approche élargie du Maroc vers l’ensemble du continent africain. Ce que d’aucuns appellent le « soft-power » de SM le Roi Mohammed VI en Afrique.

L’Institut Mohammed VI de formation des imams à Rabat, constitue un des piliers de la diplomatie religieuse marocaine dans la lutte contre l’extrémisme religieux. En ce sens, il forme des imams de plusieurs pays, tels que le Nigeria confronté aux exactions du groupe terroriste Boko Haram.

L’Office Chérifien des Phosphates (OCP) a développée et lancé toute une série de projets avec implantation d’usine d’engrais dans plusieurs pays en vue de garantir la sécurité alimentaire et de créer des emplois (Ethiopie, Nigeria, ..).

De nombreux projets touchent aussi la coopération avec le Maroc dans le cadre de la transition énergétique, notamment avec le Nigéria en ce qui concerne le secteur de l’énergie solaire.

Le Maroc et le Nigéria ont signé un accord bilatéral pour la construction d’un immense pipeline de gaz en Afrique. Le gazoduc va relier le Nigéria, un des pays dotés des plus importantes réserves de gaz en Afrique. Un pipeline qui ne traverse actuellement que quatre pays (Nigéria, Bénin, Togo et Ghana) vers le Maroc en passant par Dakar. Ce projet semble remplir toutes les conditions de sécurité et de financement.

«En tant que projet majeur destiné à favoriser l’intégration économique régionale, le pipeline sera conçu….dans le but d’accélérer les projets d’électrification dans toute la région ». Ce gazoduc devrait donner naissance à un « un marché régional compétitif de l’électricité, susceptible d’être relié au marché européen de l’énergie, de développer des pôles industriels intégrés dans la sous-région dans des secteurs tels que l’industrie, l’agro-business et les engrais ».

Ces quelques exemples de coopération bilatérale économique sociale au départ du Maroc montrent que la coopération intra-africaine est possible, orientée vers le bien-être des populations, elle ne peut être que saluée et encouragée ! Le temps est venu de passer à une réelle coopération régionale institutionnelle au sein de l’UA.

La rédaction – 11/12/2016

About admin

Check Also

Université du Développement Social

Le CERSS (Le Centre de d’Études et de  Recherches  en Sciences Sociales) a organisé la …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *