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Les diasporas, un atout pour notre économie monde

Intervention de Latifa Aït-Baala, Vice-Présidente du MR International

Mon propos de ce soir vise à m’entretenir avec vous des diasporas comme un atout pour notre économie monde (puisque la Belgique ne vis pas en vase clos) et de l’importance d’une politique qui inclut les différents talents des diasporas parce qu’elles sont aussi des plus-values à plusieurs égards et avec lesquelles il faut pouvoir compter.

Alors, on parle de diaspora, de personnes issues de l’immigration, de diversité, de première, deuxième, troisième génération comme si l’immigration était une tache indélébile qui se transmet de génération en génération. Bref, tous des concepts qui sont connotés  marquent au fond le rapport que la société entretien avec les populations ciblées.

De qui parle-t-on au juste ? Selon l’OIM et le Migration Policy Institute, lorsque l’on parle de diaspora, il s’agit « des migrants et leur descendance qui vivent hors de leur pays natal ou du pays de leurs parents, sur une base temporaire ou permanente, tout en conservant des liens affectifs et matériels avec leur pays d’origine. »

Cela concerne aujourd’hui quelques 250 millions de migrants à travers le monde, ce qui représente 3% de la population mondiale.

Ces diasporas sont à la fois des ponts mais elles jettent aussi des ponts entre les sociétés. Elles contribuent au développement tant des pays d’accueil, de résidence comme des pays d’origine.

En ce qui concerne les pays d’origine, elles participent à leur  développement notamment par une manne importante de transferts de fonds (les remittances).

Si on regarde ce qui se passe au plan mondial, ces transferts d’argent des migrants pour l’année 2015 sont évalués à 601 milliards $ dont 441 milliards de $ pour les pays en développement,

  • ce qui représente plus de 3 fois l’enveloppe de l’aide mondiale au développement qui en 2015 a été de 131,6 milliards de dollars.
  • et dépasse aussi sensiblement l’ensemble des investissements étrangers dans les pays en développement.

Et selon les projections de la banque mondiale, les transferts de fonds mondiaux devraient atteindre 610 milliards de dollars en 2016 et 636 milliards de dollars en 2017.

Ceux destinés plus particulièrement aux pays en développement devraient s’élever à 459 milliards de dollars en 2016, puis à 479 milliards de dollars en 2017 !

Quels sont les principaux pays bénéficiaires ? Et bien, ce sont l’Inde, la Chine, les Philippines, Mexico et la France.

Quant aux principaux pays sources, il s’agit des USA, de l’Arabie Saoudite, de la Russie, la Suisse et l’Allemagne.

Les principaux pays bénéficiaires au départ de la Belgique sont le Maroc, de la Turquie et de la République démocratique du Congo (principales diasporas).

Maintenant il y a un bémol, c’est celui du coût des transmissions qui peuvent atteindre 20% en Australie ou en Afrique du Sud mais le coût moyen se situe autour de 7.9% (8.9% en 2013), bien au-dessus des 3% fixés dans le cadre des Objectifs du Développement Durable (Objectif qui est d’ailleurs un élément du plan d’action du Sommet européen de la Valette de novembre dernier qui prévoit pour d’ici à 2030, de faire baisser au-dessous de 3 % les coûts de transaction des envois de fonds effectués par les migrants et d’éliminer les couloirs de transfert de fonds dont les coûts sont supérieurs à 5 %.).

Le bénéfice économique pour ces pays est évident et la Banque Mondiale indique clairement que ces transferts contribuent à une réduction de la pauvreté, plus de dépenses dans les secteurs de la santé et de l’éducation ; un accès amélioré aux services financiers (Banques) ; une augmentation des investissements dans les PME ; plus d’entreprenariat ; etc.

Au Maroc par exemple, où les transferts ont atteint 6.7 milliards de dollars en 2015 ce qui représente 7 pour cent de son PIB a lancé un dispositif d’incitation à l’investissement des MRE, MDM Invest qui est un mécanisme de financement pour des secteurs ciblés à savoir l’industrie, l’éducation, l’hôtellerie et la santé. Il s’agit d’intégrer les MRE dans le développement du Maroc.

 Voilà rapidement brossés l’apport économique des diasporas dans les pays d’origine

Voyons maintenant ce qu’il en est en Europe et en Belgique en particulier

(j’ai envie de dire qu’il suffirait de retirer les diasporas pour voir l’impact sur bien des secteurs de notre économie)

Les études de l’OCDE montrent que globalement, dans les pays industrialisés, les migrants sont loin d’être un fardeau pour les finances publiques. (Plusieurs études aussi très intéressantes de Abdesslam Marfouk qui déconstruit bien des clichés !).

Nous allons voir quelques indicateurs à cet égard :

  • Les migrants contribuent à une augmentation du PIB
  • évaluée par la Commission européenne à 0,3% pour l’ensemble des Etats membres de l’UE, d’ici à 2017
  • Elle est de 1 % du PIB en Belgique (OCDE).

« sans l’immigration, la Belgique serait en récession. » Indique le politologue et spécialiste des migrations, François Gemenne.

  • Les études sérieuses montrent par ailleurs qu’il n’y a pas non plus d’effet de substitution des autochtones par des allochtones sur le marché du travail et que l’entreprenariat était pour certains une solution au chômage et aux discriminations à l’embauche. (élément que j’avais également souligné dans une étude fait e sur sur les obstacles à l’insertion des femmes migrantes sur le marché du travail) (En Belgique par exemple, il y a plusieurs associations des entrepreneurs de la diversité comme LEAD.)
  • 70% de l’augmentation de la population active au cours des dernières années en Europe est liée à l’immigration qui contribue par ailleurs à une flexibilisation du marché du travail en Europe.
  •  La population migrante permet également de limiter les effets du vieillissement en Europe. La Commission eur indique qu’il y aurait une différence de population de 100M d’habitants d’ici 2080 sans la migration.
  • Les diasporas sont une source importante de commerce, d’échanges de technologies et de connaissances pour les pays d’origines et pour les pays de destination (Banque Mondiale). Cela dit beaucoup reste à faire pour maximiser le potentiel des diasporas qui demeure malgré tout sous-estimé et sous-exploité.

Ce qui d’ailleurs relevé dans une étude intéressante du réseau ENAR (réseau européen contre le racisme) intitulée « Hidden Talents, Wasted Talents ?» talents cachés, talents perdus ? se penche sur le cout de la sous exploitation positive des migrants. Des populations qui apportent des contributions économiques mais aussi politiques, sociales et culturelles.

Tant les pays d’origine que ceux de résidence doivent cesser de voir dans les diasporas de simples pourvoyeurs de fond, ils sont de véritables acteurs de changement, des partenaires du développement avec lesquels il faut composer.

Les diasporas sont une chance encore faut-il les intégrer dans le cadre des politiques publiques des pays d’origine et des pays de résidence où ils peuvent ouvrir l’accès à de nouveaux marchés.

  • les pays d’origine, ils peuvent ouvrir des portes aux marchés du travail, au commerce, aux affaires, à la diplomatie et aux échanges culturels mondiaux et, souvent, introduisent des idées, des qualifications et des biens financiers nouveaux.
  • Les pays de résidence où ils peuvent renforcer la confiance entre des cultures, des valeurs, des croyances et des systèmes politiques différents sur lesquels peuvent s’appuyer l’économie et le commerce.                    

Pour cela, il faut mobiliser les diasporas autour de leurs  compétences et de leurs ressources, et établir des partenariats stratégiques avec tous les acteurs (Etats, organisations internationales, la société civile et secteur privé).

 

 

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