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Abdelhak Khiame (BCIJ) : « La négligence des services français aurait pu mettre le Maroc en danger »

Dans une déclaration à l’agence Associated Press, le patron du BCIJ a pointé du doigt le manque d’anticipation des services de renseignements français qui n’ont pas averti ses services de la radicalisation de Redouane Lakdim, auteur d’un attentat terroriste qui a fait 4 morts dans le sud de la France. Abdelhak Khiame nous apporte quelques précisions sur les conséquences de ce dysfonctionnement dans la chaine de transmission. Dysfonctionnement qui ne risque cependant plus de se produire à l’avenir.

« Ayant un canal permanent de communication avec nos homologues français, nous avons été très étonnés de ne pas avoir été avisés de la radicalisation de Lakdim avant qu’il ne passe à l’action », s’étonne encore une fois le directeur général du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ).

Selon lui, la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) française n’a pas jugé utile d’avertir son service car le franco-marocain suspecté de radicalisation a d’abord été considéré comme un citoyen français.

« Ils auraient dû nous prévenir qu’il avait des sympathies extrémistes car son pays d’origine est quand même le Maroc. Nous ne reprochons rien à nos confrères mais après les nombreux attentats en Europe où des marocains étaient impliqués, la moindre des choses aurait été que nous sachions qu’il faisait l’objet d’un signalement (fiche S) pour prendre les dispositions prévues en pareil cas de figure.

C’est important sachant que ce type d’individu se déplace souvent au Maroc pour visiter sa famille ou pour des vacances d’été. Sachant qu’il a été filé par des équipes de la DGSI, cette dernière aurait dû nous communiquer son identité car il représentait aussi une menace pour son pays natal.

Si nous avions su qu’il était suspecté d’extrémisme religieux, nous l’aurions également surveillé à chacun de ses voyages au Maroc où il aurait pu constituer une menace pour notre sécurité », se désole notre interlocuteur.

A la question de savoir si les services marocains avaient émis une protestation officielle auprès de leurs homologues français, Khiame préfère ne pas répondre tout en ajoutant toutefois que cette erreur d’appréciation est une bonne leçon.

« C’est un mal pour un bien car à l’avenir, tous les services de renseignements du monde entier qui ont des suspects marocains dans leur listing se feront un devoir de nous avertir à l’avance, ce qui permettra peut-être d’anticiper et d’éviter des drames comme celui de Carcassonne », conclut Khiame qui tient à souligner que ce dysfonctionnement dans la chaine de transmission de l’information sécuritaire ne saurait remettre en question l’exemplarité et la solidité des relations entre services secrets marocains et français.

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